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samedi 8 août 2015

Widdershins, tome 3 : Le Pacte Brisé

Auteur : Ari Marmell
Editions Lumen
409 pages
15€

Widdershins, bien éprouvée par ses derniers démêlés avec le monde des ténèbres, a quitté la cité de Davillon et ses fidèles amis. En compagnie d'Olgun, le dieu mineur qui ne manque ni de malice ni de ressources, l'intrépide voleuse s'en est allée sur les routes de Galice. Partie en quête de réponses, d'apaisement, la jeune fille va vite déchanter : les intrigues politiques et religieuses ne sont pas l'apanage de sa ville natale !
En souvenir d'un vieil ami, Shins se jette à corps perdu dans une enquête impliquant des Maisons rivales, une troupe de brigands surnommée les Mille Corbeaux, une famille déchirée par la jalousie... et un jeune aristocrate impétueux et maladroit qui s'obstine à vouloir aider la voleuse ! Et pendant que Widdershins est occupée à remettre un peu d'ordre dans la petite bourgade d'Aubier, un de ses anciens adversaires refait surface à Davillon, bien déterminé à se venger...

L'audacieuse voleuse n'a pas dit son dernier mot ! Laissez-vous entraîner dans cette troisième aventure de Widdershins par la plume aiguisée d'Ari Marmell.


Mon avis :

C'est avec beaucoup d'impatience que j'attendais le troisième tome des aventures de Widdershins, après un avis mitigé sur le premier et le plaisir que j'avais eu à lire le second, j'espérais beaucoup de celui-ci. C'est un tome différent des deux premiers, un peu comme un intermède. Dans Le Pacte Brisé, Widdershins reste loin de Davillon et des ses anciennes connaissances, amicales ou pas, et ce pour la première fois. La fin tragique du seconde tome l'ayant mentalement anéantie, je pense qu'elle avait en effet bien besoin d'une petite pause de 400 pages !

Mais Widdershins reste un personnage agréable à suivre, elle est débrouillarde, intelligente et son humour mordant ne la rend que plus sympathique. Elle manie l'ironie comme une arme et sans sa fraîcheur, la saga serait tout simplement trop sombre. Cette fois-ci, cependant, le tout est régulièrement teinté de tristesse et on voit que la jeune voleuse a grandi, même si elle reste fidèle à elle-même. Mais une fois encore, mon coup de cœur va à Olgun. J'adore la façon dont il est présent sans l'être. L'auteur gère extrêmement bien ce personnage qui n'est pas physiquement incarné, qui ne parle même pas, finalement. Nous ne le connaissons qu'à travers Widdershins, à travers leurs échanges qui semblent à sens unique. J'admire vraiment la façon qu'à l'auteur de faire vivre ce personnage si particulier.

Or, quand on s'appelle (enfin, se surnomme) Widdershins et que l'on a un talent inné pour s'attirer des ennuis et se trouver au mauvais endroit au mauvais moment... On se retrouve forcément impliquée dans un complot gigantesque. Et cette fois-ci, la jeune fille est seule, sans ses fidèles amis des tomes précédents. Bien que Widdershins ne soit jamais vraiment seule, avec son dieu personnel.

Je n'ai pas vraiment envie d'en dire trop sur la nouvelle intrigue de ce roman. Disons que pour une voleuse, Widdershins agit bien souvent avec honneur et ici, elle se sent obligée d'intervenir dans une affaire qui semble pourtant ne pas la concerner. Mais le souvenir d'un vieil ami la pousse à aider sa famille, même si son aide est loin d'être désirée. J'ai beaucoup aimé la tournure que prenaient les événements, la façon dont l'auteur arrive à toujours se renouveler pour surprendre son lecteur. J'ai dévoré ce troisième tome alors que je partais peu convaincue par le tout début du roman. Mais finalement, je trouve que ce tome permet une transition en douceur vers la suite qui s'annonce palpitante, sans pour autant jouer le simple rôle de tome de transition. Il met en scène une intrigue complète qui permet à Widdershins de se reconstruire et de se réconcilier un peu avec la vie.

Ceci dit, même s'il n'y a aucun temps mort, j'ai été un peu frustrée de m'éloigner de l'intrigue principale et du cœur de l'affaire en commençant le roman. Mais l'auteur place habillement quelques interludes suivants les amis et ennemis de la jeune voleuse laissés à Davillon. Et si Widdershins n'y retourne pas une seule fois dans ce troisième tome, on espère avec quasi certitude qu'elle y fera un retour fracassant dans le quatrième. Parce qu'en effet, certains vieux ennemis de la jeune femme semblent bien décider à sortir de l'ombre... Mais je ne dirais rien de plus, même sous la torture. Il serait inhumain de vous gâcher la découverte qui m'a fait glapir (oui, glapir) au moment où je l'ai lue.

Le Pacte Brisé est donc un très bon troisième tome qui arrive à point nommé dans la saga. Assez différent des deux précédents, il permet à Widdershins et au lecteur de se remettre des événements du second tome tout en annonçant un quatrième tome indispensable. J'ai donc passé un agréable moment, que je dois au forum Au Cœur de l'Imaginarium et aux Éditions Lumen. Merci encore et à très vite (j'espère!) pour le tome suivant !


dimanche 15 mars 2015

Widdershins, tome 2 : Le pacte du mensonge

Auteur : Ari Marmell
Lumen
405 pages
15€

Widdershins est devenue une légende parmi les siens. La voleuse intrépide aux capacités physiques qui frôlent le miracle est la tête brûlée de la guilde, la plus audacieuse de tous. Mais beaucoup la blâment pour les étranges événements qui ont secoué la cité et une ombre descend, toujours plus menaçante, sur Davillon : le nouvel évêque de la ville manigance, un mystérieux aristocrate semble suivre Widdershins partout où elle va, et une créature à glacer le sang hante les rues la nuit...

Toujours accompagnée d'Olgun, le dieu mineur qui met tout son pouvoir à son service, la jeune aristocrate devenue voleuse va devoir affronter le danger imminent qui menace les siens, tout en tentant d'échapper à la Garde de Davillon, où elle a pourtant quelques alliés inattendus.

Widdershins est de retour... Sous la plume aiguisée d'Ari Marmell, retrouvez les aventures de la plus téméraire des voleuses ! 




Mon avis :

Quel second tome ! J'avais certes apprécié le premier, tout en lui reprochant quelques petits détails sur lesquels nous reviendrons plus tard, mais je ne m'attendais pas à tant aimer le deuxième ! Il est passionnant, émouvant, angoissant, il tient le lecteur en haleine et donne clairement envie de connaître la suite des aventures de Widdershins. Je suis donc plus que ravie que les éditions Lumen et le forum Au cœur de l'Imaginarium m'aient de nouveau fait confiance et je les remercie une fois encore ! (beaucoup, beaucoup!)

Le gros point positif de ce second tome, c'est qu'il ne contient pas tout ce qui m'avait déplu dans le précédent. À savoir, les flashbacks intempestifs (bien qu'utiles à l'intrigue) tous les deux chapitres qui cassaient complètement le rythme et qui avaient considérablement ralenti mon rythme de lecture. Car en effet, dans ce deuxième tome, on sait déjà tout ce que l'on doit savoir du passé de Widdeshins, nous sommes donc focalisés sur le présent et sur ce qui arrive à notre héroïne au jour le jour. Et ce n'est forcément pas de tout repos, quand on est aussi doué que Widdeshins pour se mettre dans des situations plus dangereuses les unes que les autres...

L'histoire reprend quelques mois après la fin du tome précédent, Widdershins doit réapprendre à vivre après les événements tragiques survenus un peu plus tôt, tout en ayant de nouvelles responsabilités qu'elle a bien du mal à assumer. Elle est fragilisée et plus émotive, mais elle reste forte et pleine de ressources, elle ne se laisse donc pas abattre et est prête à relever les nombreux défis qui croiseront sa route au cours du roman. Et cette fois-ci, Widdershins va devoir jongler entre une menace mystique qui pèse sur la ville, les soupçons de l’Église, une vendetta mystérieuse, la gérance d'un établissement, son « travail » habituel et... ses sentiments. Ce roman est trèèèès riche, plein de péripéties et vraiment captivant.

Aussi, Widdershins elle-même est toujours un personnage agréable à suivre. Elle est débrouillarde, courageuse, pleine d'humour et d'un tempérament très taquin, tout en étant attentionnée, juste et honnête (pour une voleuse !) Elle est aussi très humaine, pas infaillible et ce malgré l'aide qu'elle reçoit toujours de son petit dieu personnel, Olgun. Olgun qui est toujours très attachant, malgré son rôle très particulier et le fait qu"il soit tout de même presque absent, de par son silence, mais la relation qui le lie à Widdershins est des plus intéressante et j'aime beaucoup le duo qu'ils forment. C'est leur association qui porte le roman à elle toute seule, même si sans l'aide du dieu, Widdershins resterait un excellent personnage principal auquel il est facile de s'attacher.

Ce tome voit aussi s'épanouir certains personnages secondaires, ce qui permet à l'histoire de s'étoffer et de gagner en crédibilité. Ils gravitent tous autour de l’héroïne et chacun d'eux est très bien dépeint, crédible et apporte un plus à l'histoire. Ils permettront de révéler Widdershins et de la rendre plus intéressante encore. J'ai aussi beaucoup aimé le travail de l'auteur en ce qui concerne les « méchants » . Il y en a un très cruel, tout à fait horrible, une sorte de démon sur lequel je n'en dirai pas plus, qui est extrêmement bien croqué et qui aurait difficilement pu être plus effrayant. Mais il y a aussi les méchants humains, qui le sont parce qu'ils sont lâches ou orgueilleux, tout simplement.

Je tiens d'ailleurs à préciser que Widdeshins est un roman adressé à un lectorat jeune, mais tout de même assez mature pour pouvoir appréhender les intrigues politiques et religieuses d'un coté et les scènes sanglantes de l'autre. Car ce tome voit entrer en scène un personnage digne du plus malsain des croquemitaines et certaines scènes sont vraiment explicites. Il est toujours difficile de conseiller un roman en fonction de l'age des lecteurs, sachant que le degrés de maturité varie d'une personne à l'autre, mais je pense vraiment que Widdershins, et en particulier ce deuxième tome, s'adresse à un lectorat adolescent, et adolescent conscient de ce qu'il va trouver dans ce livre.

Je conseille donc aux gens qui, comme moi, n'avaient pas été plus enthousiasmé que ça par le premier tome de laisser une seconde chance au deuxième. Il est bien meilleur et ce à tous les niveaux, il m'a permis de passer un excellent moment et m'a donné très envie de lire la suite, surtout avec la fin de celui-ci.... Fin qui m'a tout de même un peu secouée, je dois l'avouer ! Encore merci au forum au cœur de l'Imaginarium et aux éditions Lumen pour leur confiance, je suis ravie !




dimanche 30 novembre 2014

Widdershins, tome 1 : Le Pacte de la Voleuse


Auteur : Ari Marmell
Éditions Lumen
410 pages
15€

Dans une autre vie, elle s’appelait Adrienne Satti, mais à présent, elle n’est plus que Widdershins. Gamine des rues, devenue noble, puis voleuse – la vie ne l’a pas épargnée. Orpheline très jeune, elle a connu la pauvreté et le luxe les plus extrêmes. Revenue aux ruelles sombres d’où elle était sortie, elle est désormais considérée comme l’une des voleuses les plus intrépides... Mais ses talents suffiront-ils à la sauver de la ténébreuse conspiration qui ronge inexorablement les entrailles de la cité de Davillon ? 

Découvrez Widdershins, l’aristocrate devenue voleuse, qui connaît mille façons de couper une bourse et autant de charmer ducs et barons dans les salons de la noblesse !









Mon avis :

Après un début plutôt laborieux, je ressors finalement plutôt satisfaite, voire même enthousiaste, de ma lecture de Widdershins et je tiens à remercier - une nouvelle fois - les éditions Lumen ainsi que le forum Au Cœur de l'Imaginarium pour ce partenariat.

J'ai tout d'abord été interpellée par le mot widdershins, le titre du roman qui est aussi le surnom de la jeune voleuse que l'on suit. Widdershins est un terme signifiant « dans le sens contraire des aiguilles d'une montre » , autant vous dire tout de suite que ça a bien plus de classe en anglais. De plus, c'est un surnom original est approprié pour l’héroïne éponyme qui va se retrouver plus d'une fois à devoir lutter seule contre tous...

...Enfin, pas tout à fait seule ! Car en effet, la particularité d'Adrienne Satti, ou Widdershins, vient principalement du fait qu'elle « cohabite » avec son Dieu personnel, Olgun, dont elle est la seule fidèle. Cette situation date d'une tragédie survenue quelques années plus tôt, tragédie durant laquelle l'intégralité des fidèles d'Olgun, et donc des proches de notre héroïne, sont morts assassinés d'une horrible façon. Ce jour là, Adrienne Satti est elle aussi un peu morte pour laisser place à Widdershins, voleuse expérimentée, aidée dans sa tâche par Olgun lui-même. Mais je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, même si celle-ci surviendra bien tard.

Aussi, même si j'ai fini par vraiment beaucoup apprécier le roman, j'ai eu beaucoup de mal à m'y plonger. En effet, l'auteur a choisi de construire son récit sur deux périodes, alternant les chapitres entre présent et passé, ce dernier se rapprochant chaque fois un peu plus du premier et ce jusqu'à ce qu'ils se rejoignent, à la toute fin. Si je dois reconnaître que c'est plutôt bien fait, que chaque flash-back est placé au bon moment pour nous apporter l'exact degré d'information nécessaire, j'ai tout de même trouvé que le rythme en pâtissait beaucoup. Ce qui fait que j'ai mis beaucoup plus de temps que prévu à lire ce roman jeunesse de 400 pages, n'hésitant pas à reposer le livre après seulement un chapitre. Si la construction sert l'intrigue avec brio, elle ne tease pas assez le lecteur pour lui donner envie de dévorer le livre. Et ce jusqu'au 100 dernières pages, au moins.

Car en effet, j'ai lu les dernières pages en très peu de temps, elles seules me faisant oublier tout ce que j'avais pu reprocher au roman. Les flash-back sont toujours présents, mais offrent enfin les réponses tant attendues qui donne clairement envie de revenir au présent à chaque fin de chapitre. En deux mots, c'est dynamique et passionnant. C'est vraiment dommage, car j'ai presque dû me forcer à lire jusque là avant de ne finalement plus pouvoir reposer le livre. Ça me donne à la fois très envie de me jeter sur le second tome, tout en me faisant un peu peur : Et si l'auteur choisissait la même construction ?

À part ce défaut qui m'a vraiment embêtée, le reste n'est finalement rien de bien méchant : Il y a bien la multitude de personnages un peu trop manichéens, qui a fait que j'ai tout de suite classé les « bons » et les « méchants » dans des cases sans plus les en sortir, ainsi que leurs noms, qui ne m'ont pas semblé crédibles. Pour le coup, j'aimerais beaucoup savoir si c'est une lubie de traducteur qui a absolument tout voulu franciser ou si Ari Marmell a une passion pour les prénoms et noms français, mais dans tous les cas, j'ai trouvé ça un peu too much. 

J'ai cependant beaucoup apprécié l'univers créé par l'auteur, et la place accordée à la religion et aux très nombreux dieux dans celui-ci. L'intrigue tourne autour d'eux, de leurs fidèles et d'un complot auquel Widdershins sera intimement liée bien contre son gré. Elle ne peut alors compter que sur elle-même, quelques rares amis, ses talents et son avantage principal : Olgun lui-même. J'ai beaucoup apprécié le caractère de l'héroïne, bien qu'elle n'ait pas assez de défauts à mon goût, défauts qui auraient pu la rendre plus humaine et plus attachante. Je n'ai vraiment ressenti d'affection pour elle qu'à la fin. Olgun, en revanche, est un personnage très bien travaillé. Alors qu'il ne prononce pas un seul mot et qu'on ne le connaît finalement qu'à travers les ressentis de Widdershins, on découvre un dieu susceptible et taquin, mais aussi compatissant et attentionné.

Je ressors donc finalement contente et j'ai même plutôt hâte de recevoir le second tome de Widdershins, avec lequel je serai plus tolérante. En effet, je pars du principe que si l'auteur a choisi la même construction et le même rythme, il m'offrira un final tout aussi bon que celui de ce premier tome, et je serai donc motivée à y arriver plus rapidement. Aussi, vous remarquerez que je n'ai pas fait mon éloge habituelle aux éditions Lumen. Sachez que ce n'est pas du tout négatif, c'est juste qu'une fois encore, je suis plus que satisfaite de la qualité du livre, et que cela deviendrait vraiment répétitif si cela apparaissait dans chacune de mes chroniques... Une petite chose pour terminer : Quelques passages peuvent être sanglants, et la mort est clairement présente au cours de l'histoire. Widdershins est certes un roman adressé à la jeunesse, mais à un public tout de même assez mature. Je finirai donc par remercier une dernière fois les Éditions Lumen et le forum Au Cœur de l'Imaginarium, et j'ai hâte de me replonger dans l'univers créé par Ari Marmell !