vendredi 22 janvier 2016

Log Horizon #1



Auteur : Mamare Touno
Ofelbe éditions
473 pages
19,90€

Elder Tale est le jeu en ligne qui rassemble le plus grand nombre de joueurs dans un monde où la nature a repris ses droits. Mais lors de la sortie de sa douzième extension, tous ceux qui s’étaient connectés se retrouvent prisonniers du jeu.

Ignorant comment ils sont arrivés là et s’ils pourront en sortir un jour, beaucoup perdent la volonté d’avancer.

Mais Shiroe, un des joueurs les plus connus et les plus respectés du jeu refuse d’abandonner. Aidé de ses compagnons Akatsuki et Naotsugu, il va tenter de convaincre les « Aventuriers » de ne pas se laisser abattre et de bâtir une nouvelle société dans ce monde virtuel qui est maintenant le leur.





Mon avis :

Lorsque la maison d'édition Ofelbe m'a proposée de découvrir Log Horizon, j'ai été tout de suite intéressée. J'avais en effet beaucoup apprécié Sword Art Online et j'avais hâte de découvrir un nouveau roman jeunesse japonais sur la même thématique, bien que traitée différemment. Malheureusement, Log Horizon a quelque peu souffert de cette comparaison, et j'ai passé un moins bon moment qu'avec SAO.

Une fois encore, la maison d'édition ne se moque pas de ses lecteurs. En effet, ce premier livre contient en fait les deux premiers tomes de la saga japonaise qui en compte actuellement dix. Le double roman est de qualité, les illustrations intérieures sont aussi belles qu'intéressantes, surtout celles qui séparent les chapitres : On y trouve chaque fois un nouveau personnage illustré en pied, avec un descriptif de tout son équipement. Cela rajoute à l'immersion et j'ai beaucoup aimé ces suppléments. Et une fois encore, des illustrations en couleurs sont aussi à signaler, dont une carte. En bref, le livre objet obtient la note maximale !

Log Horizon donc, raconte lui aussi l'histoire d'un groupe d'amis piégés dans un MMORPG. Bon, j'ai apprécié ma lecture, mais beaucoup de points m'ont dérangée. Pour tout vous dire, je n'aurais pas mis la même note aux deux romans, mais comme ils sont rassemblés en un seul, j'ai tranché au milieu. J'ai eu énormément de mal à me plonger dans le premier tome, que j'ai trouvé mal équilibré. J'ai eu l'impression de passer des heures à me voir expliquer le fonctionnement d'un MMORPG, avec des notions aussi basiques que celle de « tank » détaillées et expliquées en long, en large et en travers, alors que l'on passait au final assez vite sur ce qui était inédit. J'ai mis énormément de temps à lire ce début, attendant désespérément l'action. Je ne suis pas une accro à l'action, et j'apprécie beaucoup le fait que des romans s'attardent sur la psychologie des personnages ou la présentation de l'univers... Mais là, ça a coincé. La rencontre avec Akatsuki aurait pu être un moment extrêmement sympathique, s'il n'avait pas été spoilé par le prologue, et je n'attendais plus la quête finale quand elle arrive enfin.

Ce premier tome donc, nous raconte comment le jour du lancement de l'extension « Pionniers de la Noosphère » du MMORPG Elder Tale, tous les joueurs connectés se retrouvent piégés dans un univers parallèle très semblable au jeu lui-même. Shiroe, le personnage principal, réapprend donc à vivre en conciliant ce qui reste normal et ce qui ne l'est plus. C'est assez étrange et difficile à expliquer, mais l'univers dans lequel sont piégés les personnages est une sorte de mélange du monde réel et du monde virtuel, ce qui fait que certaines choses sont restées assez floues.

Comme on peut s'en douter, le début est assez laborieux, on nous expose tout ce que les héros doivent réapprendre et découvrir, comme se mouvoir dans un corps qui n'est pas le sien, combattre, survivre... Le tout reste très mystérieux. Là où Sword Art Online avait carrément tout lâché dès le début, à savoir qui était responsable, pourquoi, et qu'une mort dans le jeu signifiait une mort dans la vraie vie, Log Horizon nous laisse dans le flou. Les joueurs peuvent apparemment mourir, il ressusciteront comme tout bon personnage de jeu, et la « Catastrophe » ne se trouve ni explication, ni instigateur. En revanche, j'ai beaucoup plus apprécié le second tome, qui se base sur une double intrigue vraiment très sympathique. D'un côté, une espèce de mission sauvetage pour secourir deux anciens amis de Shiroe, exploités par leur guilde, et de l'autre, le souhait du héros de réorganiser la ville. Il souhaite établir une société égalitaire dans cet univers qui ne possède aucune loi, ni aucun système quel qu'il soit, et bâtir un avenir pour tous les gens qui y habitent. Cette intrigue était vraiment très sympathique et promet de belles choses pour les tomes à venir qui promettent d'être moins fouillis et plus organisés.

Le roman souffre aussi de ce qui, à mes yeux, rassemble tout ce qui est cliché dans les personnages de manga. Là où SAO présentait des héros extrêmement bien dépeints, crédibles et attachants, Log Horizon nous fait rencontrer des personnages finalement assez peu profonds et plutôt agaçants auxquels il est difficile de s'attacher. Par exemple, Naotsugu, bien qu'il soit sympathique, a une obsession assez malsaine de la gente féminine et de ses dessous qui m'a fait soupirer et lever les yeux au ciel plus d'une fois tant c'était ce qu'on attend habituellement d'un personnage de mauvais manga. Akatsuki est une jeune fille extrêmement forte sur laquelle ses amis peuvent compter, mais elle est aussi un cliché ambulant, forcément jolie, forcément mystérieuse. Et le fait qu'elle choisisse d'appeler Shiroe « maître » et de le vouvoyer (ce que, j'imagine, est une traduction d'une quelconque forme de politesse imposée par la version originale) a fini de me convaincre. Shiroe, quant à lui, n'est pas un personnage extrêmement expansif et c'est bien dommage, étant donné que c'est à travers lui que l'on découvre principalement Elder Tale. Il est cependant intelligent et courageux, ce qui le rend tout de même assez agréable à suivre. 

Au final, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le premier tome de Log Horizon, mais j'ai fini par passer un bon moment avec la suite. J'espère que la suite sera à la hauteur des promesses faites avec la deuxième partie du roman. Et encore une fois, je salue le travail de Ofelbe sur l'objet-livre qui est vraiment impressionnant. Merci à la maison d'édition pour sa confiance et pour cette nouvelle découverte de la littérature japonaise !


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