samedi 29 mars 2014

Les Kerns de l'Oubli, tome 1 : l'Exil


Auteur : Feldrik Rivat
Illustration de Alexandre Dainche !
L'Homme sans Nom
 424 pages
19,90€


Plan d'ensemble. Vue d'oiseau. De la brume se dissipe, lentement, laissant percer la masse sombre d'une île. Elle se dresse, souveraine, dans son trône de pierre.
Almenarc'h.
Un vent violent balaye la scène. Assombrissant le ciel. Troublant les eaux du lac. L'Imprenable, forte d'un règne millénaire, vacille, sous la menace d'un simple silence. …perron de roche, fière citadelle, toi dont le nom est porté comme une légende aux confins du monde, pourquoi trembles-tu ? Craindrais-tu les ambitions fragiles de quelques mortels ? Cataxak, l'étranger ? Ulnhor, le roi déchu ? Roch, le gardien au cœur rongé par la colère ? Non, plus encore que tout autre nom, Almenarc'h craint le dernier de ses fils. Erkan. Guerrier maudit. Honni. Banni. Eh bien tremble, belle endormie. Car la main aveugle qui guide ce malheureux, elle, n'ignore rien du secret de tes entrailles.



Mon avis :
(Avis datant du 14 août 2013, transféré de Babelio)


Avant même que je lise ce roman, on avait déjà un vécu... Ah ah j'exagère un peu, mais disons que j'ai eu du mal à mettre la main dessus ! J'ai donc reçu un jour un message de l'auteur sur Babelio, qui me parlait de son livre. C'était un message de masse, d'un jeune auteur qui voulait se faire connaître, mais j'ai quand même été convaincue, et pas qu'un peu. Je l'ai donc ajouté à mon pense-bête eeeeeet bien sûr je l'ai oublié. Quand j'ai finalement retrouvé la mémoire, le tome un n'était plus disponible et la sortie du deuxième tome repoussée. Quelques cris et auto-flagellations plus tard, je me suis renseignée et là, le soulagement !


La maison d'édition avait tout simplement fermé. Mais toutes ces péripéties étaient un mal pour un bien, un grand, grand bien. Feldrik Rivat a rejoint les auteurs de la maison d'édition l'Homme sans Nom, HsN pour les intimes. Vous ne connaissez pas ? Vous avez tort. Sans m'y attarder, je dirais juste qu'avec seulement une dizaine de romans à proposer pour le moment, elle vient déjà de rattraper les plus grandes à mes yeux. Je n'ai pour l'instant aucun reproche à faire quant à la qualité des romans, que ce soit au niveau du texte ou de l'illustration. llustrations réalisées soit par Magali Villeneuve, soit par Alexandre Dainche. Vous ne connaissez pas ? Vous avez tort.

Pour en revenir aux Kerns de l'Oubli, j'ai finalement pu me procurer le roman lors du Comic Con 2013, j'ai rencontré l'auteur, très sympathique, et je suis repartie avec un livre beau, bien illustré et dédicacé. Finalement, ça valait le coup d'attendre, quoi, deux ans ? Je me suis plongée dans le roman dès que je suis rentrée. Et je l'ai disons, dévoré. Le changement de narrateur rythme bien l'histoire et fait qu'on a beaucoup de mal à s'arrêter à la fin d'un chapitre. Aussi, certains chapitres ne font qu'une page à peine quand d'autres sont beaucoup plus longs. Une action peut s'étendre sur plusieurs chapitres et permettre un changement de point de vue des plus rafraichissant.

Le changement de narration à chaque chapitre, on connait. Là où ça devient intéressant, c'est l'emploi de la première personne et ce qu'en fait l'auteur. Et c'est là un vrai tour de force. Chacun des personnages a un langage propre et c'est un vrai bonheur de passer d'un langage des plus basiques à un vieux français ampoulé, et d'avoir sur une même scène une description différente autant sur les ressentis qu'au niveau du langage. Cela révèle une véritable maitrise de différents registres de langue et c'est quelque chose que je n'avais jamais vu auparavant.

En ce qui concerne l'histoire, elle se déroule sur plusieurs niveaux. En gros, humain et divin. Tout tourne autour d'Almenarc'h, sublime cité dirigée par un roi des plus détestables, Alkar, lui même conseillé par un être des plus vils, Cataxak. Le premier chapitre nous est conté du point de vue de Roch, le grand Gardien de la cité, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'action débute dès les premières pages. La cité est attaquée, et à partir de là, les évènements s'enchainent sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. 

J'ai beaucoup apprécié les femmes de l'histoire, qui sont toutes des personnages forts et loin d'être des demoiselles en détresse, bien au contraire. J'ai cependant eu une préférence, comme beaucoup, pour Ulnhor, mais aussi pour Erkan. Enfin, pour ce dernier, c'est surtout les chapitres le concernant qui m'ont plu, forcément auréolé de mystère de par son amnésie. Mais tous les personnages sont hauts en couleur et des plus intéressants, même si l'on aimerait en savoir plus sur certains...

Sinon, certains chapitres peuvent vous rendre un peu fou au début, surtout ceux concernant Telleran, qui est donc le vieil homme au langage plus que soutenu et moyenâgeux. Mais vous verrez, on s'y habitue vite et personnellement, ça m'a énormément plu. Il y a aussi quelques termes particulièrement appréciés de certains personnages. J'avais envie de me taper la tête contre les murs à chaque fois que Cataxak utilisait le mot « mirifique », et j'ai éclaté de rire la première fois qu'Ulnhor s'est exclamé « Morteboule ! », qu'il répète tout au long du roman.

Le seul et unique bémol de ce livre est pour moi le manque d'originalité dans les prénoms des personnages de la cité de Saham, tous très semblables, qui m'ont fait m'emmêler les pinceaux. Ils sont tous plus ou moins secondaires, donc ce n'est finalement pas très gênant.

Je n'ai pas vraiment envie de vous en raconter plus, j'aurais peur de laisser échapper quelque chose qui vous gâcherait le plaisir de la découverte. J'ai été plus que surprise par la fin et j'attends maintenant le second tome avec impatience ! Mais je n'aurais pas beaucoup à attendre, vu qu'il arrive en septembre. Et cette fois, j'éviterais d'attendre trop longtemps ! N'hésitez pas à vous lancer, c'est un roman original tout en étant bien ancré dans le style fantasy. à découvrir !



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