samedi 28 juin 2014

Les Chroniques de Shaa'l, tome 1 : L'esprit du dragon


Auteur : Anne Muller
Éditions Etherna
426 pages 
17€ 

Éloigné de sa famille pour son propre salut dès sa plus tendre enfance, le jeune zéphyr devra apprendre, écouter et comprendre son destin pour devenir l’un des plus grand Rêveurs d’Etherna. Malgré les perversions et les complots dont il est indirectement victime, il devra s’élever et trouver le chemin qui mène vers ce qui l’attend. La route est longue. Les épreuves multiples et les traumatismes nombreux. Repoussé par les pro-dragons à cause de ses origines religieuses, renié par les siens pour avoir été éclaboussé par le mal incarné, parviendra-t-il à dépasser la haine et la rancœur qui coule dans ses veines et accepter sa véritable nature? Rêveur. Âme corrompue par la malfaisance des grands dragons de lumière ou clairvoyant prophète né pour guider les mortels vers la paix et la véritable solidarité ?
Rien n’est joué. Le pari est osé et la victoire, des plus improbables.


Mon avis : 

J'ai tout de suite été intriguée par ce livre bien particulier et je ne regrette pas du tout de m'y être intéressée, ayant beaucoup apprécié ma lecture. J'ai d'ailleurs eu beaucoup de questions avant même d'ouvrir le livre. En effet, pour commencer, Etherna est le nom de la maison d'édition mais c'est aussi le nom du monde dans lequel évoluent les personnages des Chroniques de Shaa'l. Et pour cause, l'histoire prend racine dans l'univers du jeu de rôle Dragondead.

Le roman n'est cependant pas seulement adressé aux joueurs et aux connaisseurs de l'univers de Dragondead. Dès les premières pages une rapide histoire racontée de très belle façon, comme une légende mythologique, vous présentera les différentes religions et races présentes dans le monde d'Etherna et vous permettra de prendre vos marques. Ici, pas d'elfes ou de nains, Dragondead est un jeu de rôle à part entière avec son monde à lui, et même si je n'ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec l'univers des Royaumes Oubliés, la mythologie et le bestiaire sont tout à fait différents.

Si j'ai immédiatement été conquise par les premières pages, les choses se sont ensuite un peu gâtées. J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire à proprement parler, je ne voyais pas où l'auteur voulait nous mener. Ce sentiment n'aura duré qu'une soixantaine de pages mais il a quand même beaucoup ralenti ma lecture. Ce sont des premières pages assez riches en dialogues, mettant en scène des personnages qui me sont restés flous, le tout dans des lieux que je n'arrivais pas à visualiser. Mais heureusement, passé ce moment j'ai été passionnée par le roman. Après un début difficile qui m'a vraiment perturbée, n'arrivant pas à avancer, j'ai eu un déclic et vers la centième page je n'ai plus pu lâcher le livre. 

Avant de vous parler de l'histoire, je tiens à mettre en avant le style de l'auteur, que j'ai beaucoup apprécié. Elle a en effet une très belle plume et c'est ce qui m'a encouragé à m'accrocher au début, pour finalement dévorer les pages suivantes, conquise à la fois par le récit et les mots de l'auteur. 

L'histoire donc, prend racine dans le conflit qui divise les pro-dieux et les pro-dragons, une haine née de l’incompréhension entre ces deux cultes que tout semble opposer. Chaque coté voyant chez les autres des fous voire des êtres sanguinaires et maléfiques, le dialogue est rompu depuis des années et rien ne semble pouvoir réconcilier les deux peuples. Isthlën est un jeune zéphyr que l'on rencontre au début du roman en compagnie de son père et d'un ami de ce dernier : Pense-Vent. Ils sont à la recherche de la mère d'Isthlën, prêtresse d'Amalis elle-même recherchée pour trahison. Ce sont des pro-dieux, bien que Pense-Vent soit loin de tout ce qui touche à la religion. 

Très vite, les choses tournent mal et les parents du jeune garçon sont tués. S'il n'en comprend pas la raison, elle reste floue pour le lecteur aussi qui ne peut que partager sa peine et son incompréhension. Pense-Vent décide alors de mettre le jeune garçon à l'abri dans un village de pro-dragons pendant qu'il mènera son enquête sur le meurtre de ses amis. Isthlën est donc laissé au chef du village qui rembourse ainsi une vieille dette envers Pense-Vent. Mais le chef du village et ses habitants sont tout sauf ravis de la présence du jeune zéphyr. Ceux-ci voient en lui un être vil et malsain qui n'a rien à faire chez eux et il ne doit sa survie qu'au respect qu'ils ont pour leur dirigeant. Cependant, Isthlën n'est pas comme les autres zéphyrs. Il a été touché par le Dragon et possède le don du Rêve, don habituellement refusé aux zéphyrs et aux pro-dieux qui ne sont pas capables de Rêver.

Dès le moment où Isthlën rejoint Aschalabys, le village en question, j'ai été happée par l'histoire. Voir ce jeune garçon qui vient de vivre un immense traumatisme affronter de nouvelles épreuves sans aucun allié pour le soutenir, apprendre à maîtriser un don qui lui fait peur, survivre parmi des gens qui le méprisent et le faire avec une force de caractère et un courage admirables m'a beaucoup plu. J'ai aimé voir l'évolution des mentalités, surtout au sein de sa famille adoptive dont les membres ont gagné mon affection. Appréciant les récits d'apprentissage en général, j'ai été conquise par l'histoire d'Isthlën qui devra non seulement apprendre à maîtriser son don pour devenir Rêveur, mais qui devra également apprendre le maniement des armes et une toute nouvelle façon de vivre parmi les pro-dragons. Il commence ici une nouvelle vie, où tout ce qu'il a vécu et su va changer irrémédiablement, à commencer par son propre nom...

Parallèlement à l'histoire du jeune zéphyr, on suivra l'enquête de Pense-Vent et les manigances de personnages moins fréquentables. Alenstidh, l'homme qui a tué le père du jeune héros, est un de ces personnages tout en nuance que l'on voit changer au cours de l'histoire. J'ai beaucoup aimé suivre les chapitres le concernant, tout comme ceux mettant en scène Pense-Vent. J'ai eu cependant un peu plus de mal à m'intéresser aux chapitres du point de vue des vrais « méchants » , moins épiques, tournés vers les intrigues politiques, et j'avais hâte de retrouver le zéphyr. Mais la structure du récit, avec ses chapitres très, très courts, fait qu'on ne se lasse pas et que l'on n'a pas le temps de s'ennuyer, même lorsque l'on ne suit pas les personnages qui nous intéressent le plus. L'histoire avance vite et bien, de façon fluide tout en montant en puissance. 

Je vous conseille donc de laisser sa chance à cette toute nouvelle maison d'édition et au premier tome des Chroniques de Shaa'l. Si, comme moi, vous avez du mal à vous lancer, ne soyez pas rebutés par le début un peu perturbant et un peu long à se mettre en place, et surtout n'hésitez pas à persévérer et à continuer. J'ai eu beaucoup de mal à passer les premières pages et j'ai finalement beaucoup apprécié ma lecture, avec l'envie de lire la suite au plus vite. 

Je remercie donc les éditions Etherna pour ce partenariat, ainsi que les forums Have a Break, Have a Book et Au Cœur de l'Imaginarium pour leur confiance ! J'ai passé un très agréable moment avec ce roman et j'attends la suite avec grande impatience, la fin m'ayant totalement prise par surprise.


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