jeudi 10 avril 2014

Rose Morte, tome 2 : Trois épines



Auteur : Céline Landressie
Milady
576 pages
7,90€

France, fin du XVIIIe siècle.
Aux quatre coins du pays, la révolte gronde. Lady Rose, rappelée de la cour de Russie par son mentor, retourne auprès de lui. Artus requiert son soutien, l'équilibre de la société obscure étant aussi menacé. Or, malgré deux siècles d'existence, Rose reste une immortelle inexpérimentée. Par défaut d'intérêt, les menées de ses pairs lui sont encore étrangères. Sera-t-elle de taille à affronter ce chaos ? Artus et elle pourront-ils s'entendre après dix ans d'absence ?  






Mon avis :
 (avis transféré de Babelio, datant du 2 janvier 2014)

Il y a quelques mois, je découvrais tout à la fois la maison d'édition l'Homme sans Nom, ses auteurs et ses illustrateurs. Et je vivais coups de cœur sur coups de cœur ! le second tome de Rose Morte : Trois épines, ne déroge pas à la règle. 

J'en ai été la première étonnée mais j'ai encore plus aimé le second tome, alors que le premier avait déjà été un coup de cœur des plus inattendus. Là où le premier tome m'avait charmée, celui-ci m'a complètement envoutée. Une fois lancée, je n'ai plus pu le lâcher et j'attends avec grande impatience d'avoir la suite entre les mains, suite qui sera, j'en suis sure, d'aussi bonne qualité que les deux premiers tomes !

La qualité de l'écriture est toujours au rendez-vous, et c'est un véritable plaisir à lire. le vocabulaire employé est riche et recherché, comme si chaque mot était à la place où il devrait être et qu'il ne pouvait être nulle part ailleurs. Grâce à ça, comme s'il fallait quelque chose de plus, on est encore plus impliqué dans l'histoire, immergé totalement dans l'univers de Rose. Céline Landressie sait peindre un décor en quelques mots, vous fait partager une émotion d'une simple phrase, vous embarque dans une bataille en deux lignes. Je ne sais pas comment le dire autrement : j'adore le style de Céline. Il est rafraichissant, et plus qu'agréable à lire. En fait, le style suffit à donner une raison de lire la saga. Mais il n'y a pas que ça !

L'histoire du second tome de Rose Morte est tout aussi passionnante qu'elle l'était dans le premier tome. Dès les premières pages, l'auteur nous surprend : l'action se déroule deux cent ans après les évènements du premier tome. J'ai adoré ! On ne se focalise pas sur les débuts vampiriques de Rose qui auraient ralenti l'intrigue et surtout, nous auraient éloigné de ce que j'aime peut être le plus dans le travail de Céline, les relations entre les personnages. On se laisse guider par Céline et on sait qu'elle va nous embarquer dans une histoire captivante. Je n'ai pas douté d'elle un instant, je lui ai fait totalement confiance et j'ai eu raison : deux cent ans après, Rose a encore beaucoup à nous offrir et l'histoire est toujours aussi passionnante.

Rose, après dix ans d'exil, est rappelée auprès de son mentor. Dix ans d'exil, dix ans de silence, dix ans de rancœur. On apprend peu à peu qu'il se passe des choses grave et que Artus a besoin de Rose auprès de lui... Mais je ne vous en dirais pas plus, je m'en voudrais de vous ôter le plaisir de découvrir l'intrigue au fil des pages, et elle est si palpitante que ce serait criminel de ma part. 

Les personnages quant à eux sont fidèles à ce qu'ils étaient dans le premier tome. Rose est une héroïne forte qui fait entendre sa voix, qui se rebelle, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle ne veut pas qu'on voit ses faiblesses, sa peine, elle est indépendante... Malgré tout ce qu'elle a vécu, malgré tout ce qu'elle endure, Rose reste forte. C'est teeeellement agréable de suivre une héroïne qu'on apprécie, à laquelle on peut s'identifier avec plaisir. Rose souffre d'une peine que ni dix ans de séparation, ni les bras d'un autre homme ont réussi à apaiser. On suit l'histoire de son point de vue, alors nous, lecteurs, voyons sa peine, sa détresse ou sa colère alors qu'elle reste forte en apparence. 

Artus est fidèle à lui même : mystérieux, sûr de lui, froid et sombre. Un peu agaçant, je dois l'avouer. Mais il se dévoile un peu plus, partage plus de choses qu'il ne le faisait dans le précédent tome. Il est loin d'être le personnage que je préfère mais je dois dire que niveau classe, il se pose là. Par exemple, monsieur est le seul à se battre sans armes. Quand on est Artus, une arme, c'est superflu. Boum.

Adelphe était et reste le personnage que je préfère. Dans ce tome, on le voit tiraillé entre son amitié pour Rose et sa loyauté envers son frère, tout en luttant contre un grand mal qui le trouble et dont nous apprenons la cause au fur et à mesure du roman... Et dont je ne dirais rien, si ce n'est que ça n'a réussi qu'à le rendre plus attachant à mes yeux. J'ai été peinée de le voir d'humeur si sombre dans ce tome, lui qui était mon rayon de soleil dans La Floraison. Et vous mourrez d'envie de savoir ce qui le chagrine, je vous le dis ! 

J'ai beaucoup apprécié l'introduction du personnage de Vassili. Une bonne claque bien méritée pour Artus, mouahaha ! Oui, parce qu'après dix ans loin d'Artus, Rose a pris auprès d'elle un servant, comme l'est Adelphe pour Artus. Enfin, presque. Avec des bonus appréciables, si on veut. Vassili est un personnage assez distant, peu loquace et peu expressif, mais auquel on s'attache immédiatement. Il faut dire qu'on le voit à travers Rose et qu'elle est très attachée au garçon... Et que lui a dépassé le stade de l'attachement. J'attends avec impatience de le retrouver dans le tome suivant. Même si Vassili a « un tome de retard », j'ai autant envie de lire à son sujet que sur les autres. 

Je parle toujours aussi peu du mythe du vampire, toujours aussi bien travaillé par Céline, et je me répète, très fidèle à mon idée : Envoutants mais sauvages, aussi délicats et raffinés en apparence que brutaux et animaux lors de la chasse. Et surtout pas niais, humanisés, édulcorés, ou normalisés. Rose et Artus sont bien des êtres à part même si les sentiments qu'ils éprouvent sont bien proches des sentiments humains. 

Et tout ça sans parler de tous les personnages secondaires, eux aussi hyper travaillés et qui ont tous leur importance. J'ai aussi beaucoup apprécié les petits flashback, j'en aurais beaucoup voulu à Céline de laisser Jacques et Charlotte sombrer dans l'oubli, même deux cent ans après ! 

Aussi, la couverture réalisée par Magali Villeneuve est une merveille, une fois de plus. En parfaite adéquation avec celle du premier tome, laquelle mettait en scène Rose, celle du second tome nous montre un Artus parfait, et parfaitement représentatif du personnage. Mais non seulement le personnage est incroyablement bien fait et réaliste, mais l'ambiance, le décor et les couleurs sont juste ceux qu'il fallait au roman. Elle est si belle qu'elle est encadrée, chez moi, et je ne me lasse pas d'apprécier le talent de l'illustratrice. J'attends avec grande impatience de voir ce qu'elle nous réserve sur les trois prochains tomes de Rose Morte ! 

Je ne peux que vous encourager une fois de plus à vous jeter sur cette saga qui a su me convaincre par la qualité de son écriture, son intrigue et ses personnages forts et travaillés. Et par plein d'autres choses encore, mais j'en ai déjà bien trop dit ! Je me répète, Rose Morte est une de mes sagas coup de cœur de 2013, et la première à qui je décerne le prix de coup de cœur inattendu. Pourtant quasiment hermétiques aux genres autres que la fantasy pure et dure j'ai aimé, et même adoré Rose Morte. Tentez le coup, c'est un ordre ! 

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