vendredi 8 mai 2015

Prince Captif, tome 1 : L'esclave


Auteur : C.S. Pacat
Milady
315 pages - 16€


Sortie le 29 mai 2015 


Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s'empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s'allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l'homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr...


Mon avis : 

Clairement, je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai trouvé dans ce roman. Le résumé ne laisse pas sous-entendre quoi que ce soit du genre, je m'attendais à une quête de vengeance et à une alliance entre deux hommes que tout oppose et oui, peut-être à un rapprochement plus qu'amical entre les deux, certes. J'ai donc été assez surprise de voir que dans ce roman, le terme d'esclave signifie en fait esclave sexuel. Ça rend le frère de Damen encore moins sympathique que s'il avait simplement offert son frère à l'ennemi comme serviteur, là, il l'offre comme objet de plaisir.

Je suis donc un peu gênée par la quatrième de couverture qui, pour une fois, n'en dit pas assez. Je n'ai pas eu l'impression de lire de la fantasy, et n'étant pas très friande de ce mélange des genres (j'ai abandonné Kushiel, par exemple) j'avais peur de ne pas être conquise du tout. Le roman a cependant le mérite d'être court et de se lire vite. J'ai lu Prince Captif d'une traite, en quelques heures. Il se lit très facilement et, sans être passionnant, il intrigue suffisamment pour donner envie de voir où l'auteur essaye de nous emmener. J'ai beaucoup plus apprécié le côté politique qu’érotique, lequel m'a dérangée. Non pas par son côté cru ou parce qu'il impliquait des relations homosexuelles, ne vous affolez pas. Mais parlons d'abord de l'histoire.

Kastor donc, le demi-frère de Damen, est un beau salaud qui vole le trône de son frère mais qui ne se contente pas de le tuer, comme tout bon voleur de trône qui se respecte. Il offre Damen comme présent au prince héritier d'un royaume anciennement ennemi mais avec lequel un traité de paix vient d'être signé. Laurent, prince de Vère, est un homme froid, calculateur et cruel, mais aussi le frère d'un homme que Damen a tué au combat. Ce dernier doit donc renoncer à son identité en même temps qu'à sa liberté pour espérer survivre en territoire ennemi plus qu'hostile et, peut-être, rentrer chez lui en Akielos. Et pour cet homme fougueux, il est presque impossible de devenir aussi soumis qu'il devrait l'être.

La romance est peu présente dans ce roman. On ne peut clairement pas parler d'affection, mais la relation entre les deux personnages principaux évolue assez pour donner naissance à des échanges sympathiques et au début d'une alliance plus ou moins forcée... Parce que si Damen a été trahi par son frère, il n'est pas le seul à devoir se méfier de tout le monde : Laurent aussi semble menacé. C'est d'ailleurs ce qui a rendu le livre acceptable. Au niveau des intrigues, des trahisons et des plans fourbes de tout le beau monde de Vère, j'étais dans mon élément.

J'ai cependant été assez déroutée par le côté érotique du roman. Chaque personnage de la haute société possède un esclave sexuel, du même sexe que lui, donc. Si, de là où Damen est originaire, les esclaves sont tout de même respectés et bien traités (point qui m'a fait doucement rire, vous verrez à quel point le cerveau des esclaves d'Akielos a été lavé), à la cour de Laurent, ils ne sont à l'abri de rien. Le sexe est presque toujours associé au viol ou à la domination malsaine, et la pédophilie ne choque pas non plus. C'est normal, admis, naturel. Les esclaves eux-mêmes en jouent pour espérer être repérés et achetés par des personnes de rang supérieur, certains participent aux intrigues de la cour... Bref, c'était un peu malsain et un peu trop explicite à mon goût. Oui, on comprend l'influence de la société romaine antique, où les grosses orgies étaient monnaie courante, mais personnellement je n'y vois rien d'excitant et le viol ne me fait pas fantasmer non plus. En fait, ce qui me dérange, c'est que l'auteur a l'air de trouver que ça peut donner matière à un fantasme et que le lectorat semble convaincu.

Mais je pense que ce qui a surtout conquis le public est le fait que la quasi totalité des relations sexuelles du livre est de nature homosexuelle, les relations entre hommes étant mises en avant à cause des personnages principaux. Les relations hétérosexuelles ne sont pas courantes et mal vues dans la société où vont évoluer nos personnages, chacun craignant de donner naissance à des bâtards. Toujours très Rome antique, comme principe. Alors pourquoi pas, même si l'érotique quel qu'il soit ne m'intéresse pas, surtout quand les personnages n'ont pas gagné mon affection...

Il y a aussi des faiblesses au niveau du background. On ne sait rien sur la vie de Damen, de son pays, de ses mœurs autres que sexuelles. Et malheureusement, nous n'en apprenons pas plus sur Vère, alors que l'histoire s'y déroule presque exclusivement. L'auteur a choisi de se focaliser sur les relations entre les personnages, presque en huit-clos. En gros, on ne sait rien de la population de Vère, on en apprend très peu sur les causes de leur conflit avec Akielos, et ça rend le tout un peu léger. En ce qui concerne les intrigues de la cour, j'aurais aussi aimé un peu plus de profondeur. Dans ce premier tome, on reste en surface de tout et c'est assez dommage.

J'avais hâte de lire ce roman, le résumé m'avait beaucoup intriguée et je m'attendais à passer un super moment. J'ai finalement passé un moment... moyennement agréable. Je n'ai pas détesté, mais trop de points rébarbatifs font que je n'ai pas pu aimer non plus. Et il faut dire que je ne suis clairement pas la cible. Je pense aussi que le résumé devrait être plus explicite ou qu'une pastille devrait être apposée sur le dos du livre. Pour public averti, et pas forcément pour les lecteurs de fantasy. Je remercie tout de même Babelio et Milady !


2 commentaires:

  1. Oh bah merde alors... Je pensais que c'était de la fantasy, mais je n'avais pas du tout perçu la facette érotique du roman... et je t'avoue que je vais m'empresser de passer mon chemin, avec toutes les failles que tu pointes. Merci, donc, de m'éviter cette fatale déconvenue !

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    1. Enfin, si tu es quand même curieuse, je peux toujours te le passer aux Imaginales ? je ne pense pas le garder ^^'

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